« Intégrer l'hémicycle »

Sud-Ouest du 17 décembre 2010 06h00 | Par JEAN-CHARLES GALIACY

La troisième force politique à l'issue des élections régionales est bien discrète. Rencontre avec les porte-paroles d'un mouvement qui n'a pas perdu son ambition.

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David Pomies et Bénédicte Mello : « Il n'y a aucun contact avec le Parti socialiste ». PHOTO PH. BATAILLE

 

« Sud Ouest ». Lors des régionales, Europe Ecologie avait réalisé un très bon score, notamment dans le Gers. Espérez-vous rester la troisième force politique à l'issue de ces cantonales ?
David Pomies. Les choses ne se posent pas exactement de la même façon au niveau départemental, dans la mesure où nous nous retrouvons face à des élus locaux qui sont implantés depuis longtemps. L'enjeu, notre objectif, est d'arriver à placer des élus localement pour pérenniser notre mouvement et faire avancer nos idées.


Après les régionales, Fatma Adda espérait un candidat danschaque canton. Ce sera le cas ?
David Pomies. Nous avions la possibilité de nous placer sur tous les cantons. En fait, nous n'avons pas choisi cette option, mais plutôt de concentrer nos forces sur différents bastions. Nous allons justement commencer à valider les candidatures vendredi soir. Mais on se donne aussi encore un peu de temps pour voir les autres cantons où, pour l'instant, aucun binôme ne se dégage vraiment.


Quels sont les cantons où Europe Écologie sera sans aucun doute présent ?
David Pomies et Bénédicte Mello. À Auch, Lombez, Cologne, Montréal, Saramon, Plaisance et Valence-sur-Baïse. Il reste encore un point d'interrogation concernant Masseube.


Y a-t-il eu interrogation à vous présenter à Valence-sur-Baïse, dans un canton à fort enjeu, où Philippe Martin est candidat ?
David Pomies. Non, encore une fois, notre objectif est de faire avancer nos idées.
Bénédicte Mello. C'est le hasard. Il y avait une personne compétente qui pouvait porter notre projet politique là-bas. Voilà pourquoi nous y sommes.
David Pomies. On ne recherche pas la confrontation avec qui que ce soit, plutôt la construction. Mais nous sommes curieux, tout de même, de voir la réaction des uns ou des autres…


À l'échelle départementale, y a-t-il déjà des négociations entamées avec le Parti socialiste ?
David Pomies. Il n'y a aucun contact. On se croise à droite à gauche au cours de réunions, mais il n'y a aucune discussion officielle. Notre ambition est d'intégrer des écologistes au Conseil général. Il faut donc réaliser le meilleur score possible au premier tour, que ce soit pour placer directement nos élus ou pour entamer des négociations en vue du second.


On n'entend pas trop Europe Écologie communiquer à l'approche de ces cantonales…
David Pomies et Bénédicte Mello. Nous avons un peu de retard par rapport aux autres partis et aux autres départements. Nous avons préféré plancher en amont sur le programme de façon à intégrer tout le monde. La validation des candidatures découle de ce travail.


Justement, il y a un certain consensus autour du réaménagement des routes nationales, la RN 124 et la RN 21. Europe Écologie porte une voix différente. Sera-t-elle présente dans votre programme?
David Pomies. Ce ne sera pas un axe majeur, mais nous avons nos idées. Concernant la RN 124, le projet est en cours et financé, ce n'est plus la peine de revenir là-dessus. En revanche, la RN 21, c'est autre chose. Au cours de cette campagne, nous souhaitons sortir des idées reçues. Il faut arrêter de penser que les écologistes sont contre les routes, contre la voiture. Ce serait stupide dans un département rural comme le nôtre. Sur la RN 21, effectivement, il semble impératif de sécuriser certaines portions. Mais nous sommes opposés au projet Euro 21 qui va servir à faire rouler de plus en plus de camions espagnols transportant des matières que l'on peut produire ici…


Que pensez-vous de la politique écologiste du président du Conseil général Philippe Martin ?
David Pomies. Il devrait mettre en adéquation ses paroles et ses actes. Dans ses discours, il y a beaucoup de choses intéressantes. Mais les actes… On ne peut pas défendre les routes, le mécanopole de Nogaro, véritable temple de la bagnole ou l'aéroparc. On comprend l'intérêt direct, en terme d'emplois notamment. Mais quels emplois ? Pour quelle durée ? Il devrait se poser ce genre de questions.

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