OGM : entre lenteur et déni, nous devons nous réapproprier le débat

Publié le par Comité Europe-Ecologie du Gers

Communiqué du 6 janvier 2010

 

C'est une première : le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative française, valide une délibération du Conseil Général du Gers s'opposant à la culture des OGM. Le département a donc son mot à dire, même s'il ne peut pas interdire. Le Conseil d'Etat rejoint ainsi le Conseil général du Gers qui avait adopté le 11 juin 2004 une délibération exprimant son opposition aux essais et cultures en plein champ d'OGM dans le département.


Pour Fatma Adda (animatrice Gers) et Gérard Onesta (tête de liste Europe Ecologie Midi-Pyrénées) : « cette décision révèle tout d'abord plusieurs scandales. D'abord la lenteur de la justice qui pendant ces cinq années a, pour ainsi dire, laissé champ libre aux lobbies pro-OGM.


Ensuite, dans notre pays, des élus du peuple peuvent être attaqués pour « délit d'opinion ». C'est ce qui s'est passé entre la Préfecture du Gers et le Conseil Général puisque celui-ci a été attaqué par un préfet, alors que seul un voeu avait été émis pour refuser les OGM.


Enfin, et toujours sur le plan politique et démocratique, qu'en est-il advenu du référendum sollicité par les citoyen-nes il y a cinq ans de cela ? Rien, bien entendu, le Préfet ayant à nouveau fait la sourde-oreille et refusé cette possibilité offerte par la Constitution. »


Pour José Bové (Vice-président de la Commission agriculture au Parlement européen), « cette décision permettra peut-être de replacer le débat au coeur des territoires et des assemblées territoriales. Dès le mois de janvier, au niveau européen, le dossier des OGM sera traité par la Commission Santé. Un pas de plus fait par l'Europe pour autoriser ces cultures, en vidant de sa substance économique et sociale une question pourtant refusée par une majorité de citoyens ».


Pour Europe Ecologie Midi-Pyrénées, la région va devoir totalement réorienter son action agricole : aide au maintien des paysans, formation aux pratiques environnementales, développement structurel de la filière bio, circuits courts (pour la création d'emplois et des prix rémunérateurs pour les agriculteurs mais aussi à la portée de tous les consommateurs), aide à l'installation des jeunes (accession au foncier), économie de la ressource en eau, protection de la biodiversité et du bien-être animal, diversification des productions pour la qualité et la souveraineté alimentaire, refus des OGM, solidarité avec les paysans du Tiers monde…

 

Publié dans EELV Midi-Pyrénées

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