Journée internationale des droits des femmes

Publié le par EELV du Gers

Communiqué de presse du 3 mars 2011
Cette année, la journée des droits des femmes a un écho particulier, une musique de liberté qui l'accompagne. La chute des dictatures tunisiennes et égyptiennes est porteuse d'espoir pour les femmes de ces deux pays, et, au-delà, pour les femmes du monde entier.
Les revendications de ces femmes à leurs droits et à l'autonomie au même titre que les hommes ont été affirmées pendant ces révolutions. Également parties prenantes dans les revendications révolutionnaires, elles savent que l'émancipation de tous passe par l'émancipation de toutes.
Si les femmes d'Europe, d'Afrique, d'Amérique, d'Inde, de Chine ou d'Asie ont très souvent perdu leurs droits en temps de guerre et en régime autoritariste, quelle qu'en fut l'avancée (droit à l'avortement restreint en Italie, droit au travail en Arabie Saoudite, droit à l'éducation un peu partout, droit à l'espace public, droit à ne pas être un corps-objet), ces temps de révolution sont propices à gagner leurs droits.
Mais aujourd'hui, et comme dans toute l'histoire de l'humanité, elles sont victimes d'une invisibilité criante. Dans le premier gouvernement tunisien après le départ de Ben Ali, seulement trois femmes étaient présentes.
Après le départ de Moubarak, il n'y a eu aucune femme dans le conseil des sages, et il n'y en a aucune dans le comité constitutionnel sensé réformer la constitution. Elles sont très peu présentes dans les médias. Et des voix commencent à s'élever contre les femmes.
Oui, les révolutions arabes sont porteuses d'espoir. Mais pour les femmes, la lutte ne s'arrête pas au départ d'un dictateur. Il faut continuer jusqu'à l'obtention de leurs pleins droits, qui sont au coeur du projet écologique et démocratique. Ces droits tiennent en 3 points du féminisme humaniste :
– l'égalité de droits et de devoirs dans le code civil et civique, famille, mariage, éducation (égalité des droits dans le mariage, autorité parentale conjointe, parité en politique)
– le droit fondamental d'être un être humain, une personne  et une citoyenne à part entière (corps-sujet, libre disposition de ses ressources,  prise en compte de la culture des femmes dans le débat politique)
– le droit de se projeter dans l'avenir collectif des société qui bougent, en direct, et pas via éducation des enfants interposés
En France aussi, les rapports de domination hommes/femmes sont toujours à l’oeuvre. Force est de constater les inégalités dont les femmes sont l’objet. Elles continuent à se battre :
- Pour l’égalité des salaires, la mixité de l’emploi et la régularisation de toutes les travailleuses sans papiers, contre le travail partiel imposé et la précarisation : 80% des salariés qui vivent avec 750€ par mois sont des femmes.
- Pour le droit à l’avortement et la contraception menacé par la casse de l’hôpital public et la remise en question de la sécurité sociale.
- Pour le maintien et le développement du service public : santé, petite enfance, éducation, justice… et contre la réforme des collectivités territoriales.
- Pour l’application de la loi du 9 juillet 2010 contre les violences faites aux femmes, le comité de suivi et de vigilance exige des moyens.
- Pour le respect du droit d'asile pour les femmes persécutées, non seulement en raison de leurs opinions politiques ou dans le cadre de persécutions racistes et religieuses, mais aussi de leur orientation sexuelle.
- Pour une véritable lutte contre la lesbophobie, le sexisme, le racisme et toutes les formes de discrimination dont sont victimes les femmes, pour une véritable politique d’éducation à l’égalité.
Nos luttes sont communes et nos aspirations se rejoignent : qu’on vive à Tunis, Kaboul, Rome ou Varsovie, Kinshasa ou Paris, les combats pour l’EGALITE, la LIBERTE et la DIGNITE nous réunissaient hier et nous rassemblent aujourd’hui.
Partout dans le monde des femmes font entendre leur voix pour revendiquer la dignité, l’égalité et la liberté.
Toutes et tous ensembles pour un monde égalitaire, laïque et contre la mondialisation néolibérale, manifestons le samedi 5 mars à 14h30 au Trocadéro (Parvis des droits de l’homme); Europe Ecologie Les Verts sera notamment représenté par Alima Boumediene, Sénatrice, et Anny Poursinoff, Députée.

Europe Ecologie Les Verts

Publié dans EELV National

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simone 16/03/2011 11:03


Bonjour,
connaissez-vous le féminin de candidat ?

Non ? à l'image de vos listes, c'est suppléante.

Simone


Michel Bordes - animateur du blog 16/03/2011 12:02



Certes on peut avoir un trait d'humour, mais le mal est profond et nous en subissons les conséquences : nous sommes un mouvement jeune, nous sommes pratiquement à parité pour les militant-e-s..
et nous n'avons pu trouver qu'une seule candidate titulaire sur le Gers (ailleurs, dans les villes la parité a été généralement respectée).


Je vous rappelle que pour les législatives la parité avait été respectée et que pour les régionales notre tête de liste était une femme (Fatma Adda, élue conseillère régionale).


Parmi les raisons qui font que nous n'avons pas pu trouver les candidates que nous souhaitions : leur jeunesse qui a fait qu'elles ne se sentaient pas prêtes et préfèrent un premier galot d'essai
en tant que suppléantes - leur jeunesse encore qui fait qu'elles ne sont pas toujours solidement installées dans leur profession et craignent d'avoir à en subir les conséquences dans leur milieu
professionnel (notre candidate titulaire est "chef d'entreprise" - y a-t-il d'ailleurs un féminin pour cette profession ?) - le fait également que nous ayons tenu à porter nos valeurs dans le
plus grand nombre possible de cantons (il est plus facile d'avoir la parité lorsque l'on est présent sur deux ou tois cantons) que sur neuf - le fait enfin de notre refus du cumul des mandats qui
amène Fatma Adda à être suppléante. Mais soyez certaine que toutes ces jeunes femmes ne s'arrêteront pas en si bon chemin et oseront prochainement s'afficher comme elles le font avec conviction
au sein de notre mouvement.


Nous ne sommes pas fiers de ce manquement à nos principes mais ne vivons pas sur une autre planète politique, nous devons subir la loi électorale et les préjugés de la société, nous nous battons
pour que cela change et accueillons volontiers toutes celles et ceux qui sont prêts à nous y aider...