Fatma Adda répond à l'inquiétude du monde agricole

Publié le par Comité Europe-Ecologie du Gers

Entre les deux tours de l'élection régionale, Henri-Bernard Cartier, Président de la Chambre d'Agriculture du Gers, a co-signé un courrier avec les représnetants de la FDSEA et des JA. La lettre qui suit est la réponse de Fatma Adda, nouvelle élue au Conseil Régional, aux inquiétudes de ces représentants du monde agricole.

 

Le courrier de HB Cartier est visible ici.

 

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Monsieur le Président,


Je vous remercie de l'invitation que vous me faites à assister à la journée du nouvel arrivant pour laquelle je réponds favorablement et de me donner l'occasion de répondre à une lettre que la Chambre d’Agriculture du Gers, la FDSEA 32 et les Jeunes Agriculteurs du Gers ont adressé à un grand nombre d’agriculteurs, en date du 17 mars 2010, et dont vous êtes signataire.


Dans cette lettre, vous écrivez : « Notre inquiétude vient de la place importante que vont occuper les écologistes dans les futurs Conseils Régionaux... »
Je m’étonne que la Chambre d’Agriculture prenne ainsi ouvertement position contre une liste électorale, exprimant donc de facto sa préférence pour la liste adverse. La Chambre d’Agriculture est un établissement public consulaire dont la vocation est de représenter l’ensemble des acteurs du monde agricole et rural. Il ne me semble pas qu’elle ait vocation à conduire une campagne en faveur de tel ou tel parti aux élections.


Mais même en admettant que tel soit son rôle, la moindre des choses serait alors de le faire avec l’objectivité qui va de pair avec la mission d’un établissement public, sans déformer les propos de chacun. Or, vous écrivez : «...et des discours de campagne où l’agriculture porterait la principale responsabilité de tous les maux de notre société et de son environnement. »


Puis-je vous demander, Monsieur, où vous avez entendu de tels discours de campagne ? Mes colistiers et moi-même sommes intervenus dans des dizaines de réunions publiques et de marchés où nous sommes allés à la rencontre du public des zones agricoles. Nous y avons eu à coeur de porter notre message : respect du monde agricole et rural, engagement pour soutenir, revitaliser et moderniser l’agriculture en la préparant à anticiper les défis humains, environnementaux et économiques du 21è siècle. Je note que nous n'avons pas eu le plaisir de débattre avec vous pendant cette campagne, alors que plusieurs invitations ont été adressées à la Chambre d’Agriculture.


Il ne nous viendrait jamais à l’idée de prononcer des phrases aussi caricaturales sur les responsabilités de l’agriculture que celles que vous nous faites tenir. Pour nous, la responsabilité des maux de notre société et de notre environnement ne tient pas aux agriculteurs, mais à des politiques ultralibérales qui, depuis des années, ont abandonné progressivement l’agriculture et le monde rural, en démantelant les services publics ruraux et en mettant en concurrence nos agriculteurs et nos industries avec celles de pays qui n’appliquent pas les mêmes règles sociales et environnementales que nous. Résultat : une chute des prix des produits qui, aujourd’hui, ne valorise plus le travail des agriculteurs, et qui ne permet pas de poursuivre les investissements nécessaires pour une meilleure prise en compte de la durabilité et des équilibres écologiques. Les agriculteurs sont donc les premières victimes d’un système économique fondé sur la seule logique de la compétitivité qui les maintient sous le joug de la grande distribution et au seuil de la pauvreté.


Plus loin, vous insistez sur l’irrigation en écrivant « l’irrigation n’est pas un dogme ni un péché », faisant sous-entendre que nous serions contre l’irrigation. Où avez-vous lu cela, Monsieur, certainement pas dans notre programme ? Nous sommes bien évidemment pour un recours raisonné à l’irrigation, qui permette de maintenir à long terme la ressource en eau pour tous, sur le plan qualitatif et quantitatif.


Vous insistez sur le caractère pluriel de l’agriculture, et la nécessité de faire cohabiter des filières courtes et longues, sous-entendant que nous serions pour un modèle unique. Pourtant, Monsieur, certainement pas dans notre programme : nous parlons de diversification, et si nous parlons de renforcer les circuits courts, c’est bien parce qu’ils sont presque inexistants aujourd’hui, et c’est bien pour permettre cette agriculture plurielle, équilibrée et durable que nous souhaitons tous. Rappelons à ce titre que votre organisme aide les agriculteurs à obtenir des aides à la reconversion en agriculture biologique, une option que nous défendons nous aussi dans notre programme pour faire en sorte que n’ayons plus à importer 80% des produits bio consommés en France.


Vous insistez sur la nécessité du pragmatisme, laissant sous-entendre que nous serions des doux rêveurs. Personne n’a le monopole du pragmatisme. Notre liste Midi-Pyrénées comprend notamment des agriculteurs, des chefs d’entreprise, des élus de terrain, des responsables d’association qui créent des emplois durables  et économiquement viables en zone rurale.


Lors de ces élections régionales, 11,7% des électeurs Gersois ont fait confiance à notre message d’espoir au premier tour, et 67,8 % au second tour. Pour ne pas les décevoir, je souhaite pratiquer la politique « autrement », en engageant le dialogue sur le terrain.


Je vous remercie de m’en donner l’occasion le samedi 3 avril 2010 pour soutenir la filière laitière mise à mal par la loi sur la modernisation de l’économie  votée le 4 août 2008 par le gouvernement de M. Sarkozy.
Elue au conseil régional sous la présidence de M. Martin Malvy, je suis déterminée à y défendre un programme porteur d’espoir pour l’agriculture.


Pour y parvenir, je vous propose que nous nous rencontrions prochainement pour recueillir votre opinion, et celle des élus de la Chambre, sur le programme  « pour vous, une Région rassemblée » et sur la façon dont nous pourrions défendre l’agriculture Gersoise au Conseil Régional.


Bien cordialement.

Fatma ADDA
Conseillère régionale Europe Ecologi

Publié dans EELV Gers

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